/

/

SeMiami, le semi-marathon de Miami

Pourquoi à cause d’un test covid posi­tif en novembre, j’ai couru le semi-mara­thon de Miami en février, fait un caca de la peur presque en mode NBA, et bu une bière à 9h du mat…

Quand tu dois repor­ter ton billet d’avion non rembour­sable pour Miami, à cause d’un test Covid posi­tif en novembre, ben tu choi­sis des dates au hasard en février,  histoire d’al­ler quand même profi­ter du soleil et des tropiques pendant l’hi­ver… 

Et quand tu constates que tu y seras pendant le week-end du mara­thon, ben tu t’ins­cris pour le semi, non ? Surtout si tu en as couru 50 en 2021 (en off), et que ça fait presque 3 ans que tu n’as pas accro­ché un dossard. Et puis ça te moti­vera à sortir t’en­traî­ner dans les tempé­ra­tures glaciales de l’hi­ver suisse. 

Et c’est comme ça que tu te retrouves début février dans super appart Art-Deco en plein Miami Beach, à 100m de l’At­lan­tique, séparé de l’im­mense plage unique­ment par quelques rangées de palmiers (si tu veux séjour­ner dans cet appar­te­ment, c’est celui-ci, et contacte moi par e-mail, je te trouve un bon prix, sans les frais airbnb ni les taxes locales).


 

Bref reve­nons à nos mara­thons, enfin à notre semi… pour lequel j’ai tenté de suivre un plan d’en­traî­ne­ment, dans l’es­poir d’al­ler cher­cher un RP à 1h33'30 (à 51 balais, n’im­porte quoi)

Expo et retrait des dossard

L’expo se tient au Conven­tion Center de Miami Beach. Parfai­te­ment bien orga­ni­sée, je récu­père mon dossard, mon t-shirt et mon sac trans­pa­rent offi­ciel, seuls sacs auto­ri­sés dans la consigne de la zone de départ/arri­vée. Pour le reste, expo clas­sique avec majo­ri­tai­re­ment des marques améri­caines auxquelles on n’est pas du tout habi­tués, et étran­ge­ment plusieurs stands spécia­li­sés «  vélo  ».

Après-midi de chill 

Où c’est vrai­ment dur de résis­ter à l’en­vie de boire quelques bières. Ben oui, terrasses, soleil, tempé­ra­ture idéale, palmiers, c’est pas évident, je te le garan­tis, et j’échoue

Pas stressé, mais je gamberge un peu sur l’objec­tif trop ambi­tieux que je me suis fixé. Il faudra plutôt rester dans un état d’es­prit plai­sir, pas me mettre trop de pres­sion ni trop dans le mal, cet objec­tif c’était surtout pour me pous­ser au cul pendant la prépa dans le froid. Il est d’ailleurs diffi­cile d’ima­gi­ner que là-bas, à la maison, c’est l’hi­ver.

Ensuite j’or­ga­nise mon race­pack : prévoir de quoi me chan­ger après la course, mais faut que tout passe dans le sac trans­pa­rent et dans le sac à dos pliable que j’au­rai pour mon trajet à vélo : 9km jusqu’au départ/arri­vée, à 4h du mat’.

Soirée

Petite pasta party à l’em­por­ter, cookies pour le dessert  Derniers prépa­ra­tifs, puis je me couche assez tôt, pas vrai­ment stressé un peu anxieux quand même.

Avant le départ 

À 4h30 pile, j’en­fourche mon vélo et c’est parti pour 10km de péda­lage en guise d’échauf­fe­ment, et surtout de moyen de trans­port. J’ar­rive au départ peu avant 5h, au pied des tours de down­town : musique à coin, spot­lights dans tous les sens, drapeau améri­cain géant au sommet de l’échelle des pompiers. Bonne ambiance, mais plus personne ne doit dormir dans le quar­tier…

C’est super bien orga­nisé, et le dépôt du sac se fait en quelques secondes. Je rejoins la zone de départ, et je me fais un petit échauf­fe­ment autour de la FTX Arena, le stade de basket des Miami Heat.

Clas­sique caca de la peur dans un toitoi isolé derrière la salle de basket (ça évite les files d’at­tente des toilettes de devant).

Je rejoins mon bloc de départ, pile au moment où une poli­cière entonne l’hymne natio­nal, pour marquer le début de la céré­mo­nie proto­co­laire. C’est très étrange, moti­vant, et émou­vant de me retrou­ver dans un bloc de départ après si long­temps (mara­thon de Rotter­dam, avril 2019). Je ne pensais pas que cela me ferait ça. Je me sens bien, motivé, et toujours un peu anxieux.

La course

Départ à 6h10, dans la nuit. Après 500m il faut gravir le plus haut pont du parcours, mais cela passe plutôt bien. Je trouve le bon rythme après un kilo­mètre, et la traver­sée de la Baie de Biscayne commence. 

Nous longeons les immenses paque­bots à quai, puis ce sont les grues illu­mi­nées du port de marchan­dises. Au loin sur l’océan, les quelques nuages rosissent déjà.

Une petite grim­pette sur un autre pont, et nous voilà à Miami Beach

5ème km, presque dans les temps, mais je commence à être dans le dur. Il fait chaud, très humide, et je me rends compte qu’il va être vrai­ment compliqué de tenir ce rythme jusqu’au bout.

Je m’ac­croche dans la remon­tée (en fait c’est plat, mais plein nord) d’Ocean Drive, en sachant que mon amou­reuse m’at­tend bien­tôt, et à l’Est sur l’océan, derrière les palmiers, le ciel commence à s’éclair­cir, jauni par les premiers rayons du soleil.

Silvia m’at­tend devant Le Carlyle, ça me fait du bien, car cela commence à être vrai­ment diffi­cile. Je m’ac­croche jusqu’au 10e km, que je passe en 43 :47, peut-être un RP sur cette distance, je ne sais pas.

Ça devient de plus en plus dur, et je peine vrai­ment à m’ac­cro­cher à d’autres coureurs, pour tenir un rythme. 

Vers le 13e km, je retrouve Silvia qui commence à me suivre en vélo, ce qui m’en­cou­rage beau­coup. Nous traver­sons à nouveau la Baie de Biscayne, par les Vene­tian Islands. Le soleil est main­te­nant là, la baie est paisible, et devant nous la skyline de down­town où étin­cellent les premiers rayons du soleil.

Je m’ac­croche autant que possible, je profite des encou­ra­ge­ments de Silvia sur son vélo, mais je n’ai plus beau­coup de jus

De retour à Miami, km 18, Silvia me laisse pour rejoindre l’ar­ri­vée. 

Il commence à y avoir un peu de monde au bord de la route, l’am­biance est bonne, bruyante, ça fait du bien. Je sens que je ralen­tis encore, mais j’es­père avoir encore un peu de force pour remettre une petite briquette dans le dernier km. Je compte en tours de stade : 5 et demi, 2, 1.

L’am­biance devient très bruyante, et sentant enfin la libé­ra­tion j’ac­cé­lère et fonce vers la ligne d’ar­ri­vée, après un dernier virage à gauche. Silvia est là mais je ne l’en­tends pas et ne la vois pas. Je ne vois que l’arche.

Ça y est, c’est fini… et tant mieux. J’en ai chié…

1h38'58. Objec­tif pas atteint, mais je suis quand même content : 3ème meilleur résul­tat sur la distance, 25ème sur 569 dans ma classe d’âge (M50–54, soit  dans les 4.3% premiers), 359/4959 chez les hommes. Mais je suis surtout soulagé que ce soit derrière.

L’après course 

Silvia est là derrière la grille, juste après la ligne, où je reçois en dégou­li­nant comme rare­ment, la médaille la plus lourde de tous les temps. Heureu­se­ment il me reste encore un peu de force et je ne me plie pas en 2… 

Ravito, banane, plateau repas (que je donne­rai à un sans abri qui dort derrière la consigne des sacs), et on va s’ins­tal­ler sur un banc de Bayfront Park, pour conti­nuer à dégou­li­ner un moment sous les palmiers en profi­tant de la vue sur la Baie et du concert de la fanfare de l’US Army.

Il n’est pas à huit heures du matin, la tempé­ra­ture est parfaite, le ciel grand bleu, et un gars se promène avec un drapeau « Trump won  ». Je ne savais pas que cet abruti avait fait ce semi-mara­thon, et encore moins qu’il l’avait gagné. En tout cas je ne l’ai pas vu me dépas­ser

Presque 9h du mat, il est grand temps d’al­ler dégus­ter une bonne bière locale au Beer Garden installé sur les quais pour l’oc­ca­sion… drôle de dimanche matin, mais ça passe super bien…

Bref, le semi de Miami, je dis oui… vas-y !

*** Le parcours urbi­run Miami c’est ici

*** urbi­run Miami, c’est comment ? le récit ici ? et la vidéo ici.

*** l’in­croyable inter­view de Raven Run, qui court chaque jour le même parcours à Miami, depuis 1975, tous les jours sans excep­tion

Haut de page