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VTT Bike tour à travers le Jura

Parce qu’il n’y pas que la course à pied  – En VTT le long de tout le Jura suisse, sur un itiné­raire balisé, ludique et varié, au cœur de paysages verdoyants, sauvages, féeriques. L’ex­pé­rience parfaite pour se sentir se vider l’es­prit et le corps, mais se couvrir de sueur et de boue. 375km hors du temps et du monde…

(gale­rie photo et détail étape par étape en fin d’ar­ticle)

 

“Le Jura en VTT ? Ouais bon, c’est pas les Alpes non plus…”

Peut-être, mais tu vas vite décou­vrir que c’est une chaîne de montagnes, esca­la­dant des pentes boisées qui s’ouvrent ensuite sur le pano­rama de la Birs­tal (Vallée de la Birse). Le Rhin, Bâle, son hôtel de ville rougeoyant, et les plaines maraî­chères qui l’en­tourent sont déjà derrière. 

La petite vieille ville de Laufon est gardée par deux impo­santes portes, et se prête parfai­te­ment à une pause bien méri­tée. Répit de courte durée avant plusieurs montées qui permettent de fran­chir la fron­tière linguis­tique, le fameux “Rösti­gra­ben”, la barrière de Rösti. Te voilà en Suisse romande, à fleur de forêt et à flanc de montagne. Le terrain est varié, tout comme les vues. Et tu roules agréa­ble­ment jusqu’à Delé­mont, chef-lieu du Jura, dernier canton à avoir rejoint la Confé­dé­ra­tion suisse en 1977, après sa sépa­ra­tion d’avec le canton de Berne.

Méandres et vieilles pierres

A travers une fraîche forêt, tu atteins les premiers cols du périple, pas trop hauts (Rangiers 856m, et Croix 789m), avant de descendre dans la vallée du Doubs, rivière qui baigne le Jura, mais qui est telle­ment sinueuse qu’elle semble hési­ter sur le chemin à prendre (elle tient d’ailleurs son nom de cela, Dubius, le doute). 

Toi n’hé­site pas, conti­nue jusqu’au char­mant village médié­val de Saint-Ursanne. Fran­chis le Doubs sur le pont de pierre, passe sous la tour, et te voilà sur une place pavée très agréable pour faire une pause. Car la suite va piquer un peu.

Fran­che­ment des monta­gnes…

Après une approche le long de la rivière, ça grimpe sec pour atteindre le plateau des Franches-Montagnes à 1’000m d’al­ti­tude. Tu vas même passer par Les Enfers, mais t’en fais pas quand tu y seras, le plus dur sera fait. Chemins gravillon­nés, sentiers, serpentent entre forêts et alpages, et te voilà à Saigne­lé­gier, chef-lieu de la région, avec ses bâti­ments impo­sants, vestiges de l’âge d’or de l’hor­lo­ge­rie.

La suite est un délice pour les yeux, louvoyant à travers les marais verdoyants et les prai­ries entou­rées de sapins, où paissent vaches et chevaux. L’at­mo­sphère est un brin féérique. Pitto­resque et typique, le Jura dans toute sa splen­deur.

Le Mont-Soleil accueille la plus grande centrale éolienne de Suisse, et c’est au pied de leurs pales noncha­lantes que tu conti­nue­ras à traver­ser ces magni­fiques plateaux, jusqu’à La Chaux-de-Fonds, troi­sième ville de Suisse romande. Contraste clair avec le calme et la séré­nité des paysages que tu viens de traver­ser.

Vite ressor­tir de la ville 

Pour retrou­ver une atmo­sphère plus paisible, il te faudra esca­la­der le Grand-Crêt, jusqu’au Pouille­rel (1’277m), avant de plon­ger à nouveau dans les gorges du Doubs, à travers la forêt, et même quelques tunnels. N’ou­blie pas de faire un arrêt au Saut-du-Doubs, la cascade la plus fameuse de la région, ni de profi­ter du paysage le long des falaises qui te mène­ront aux Brenets.

Au départ du Locle, c’est direc­te­ment assez raide, et quelques singles te force­ront peut-être à mettre pied à terre (comme moi). Mais si tu atteins le sommet du Grand Sommar­tel, à 1’313 m d’al­ti­tude, tu profi­te­ras d’un joli plateau, puis d’une longue descente jusqu’au village de Couvet, que j’ai faite sous la pluie. 

Bref faux plat descen­dant, le long de l’Areuse, dans le Val de Travers, qui ne l’est pas tant que ça, avant d’at­taquer une longue montée. Mais rassure-toi, elle n’est pas trop raide et elle en vaut la peine. 

Le grand creux

Elle te mène à 1'420m d’al­ti­tude (soit +686m de grim­pette quand même), où je te conseille de quit­ter l’iti­né­raire offi­ciel et de faire un petit détour direc­tion “La Ferme du Soliat”, et de là de conti­nuer à monter à travers champs jusqu’au mur de pierres sèches, le passer et aller au bord. Au bord de quoi ? 

Au bord du Creux. Le Creux-du-Van, magni­fique cirque rocheux (1400m de large, 200m de haut) au sommet des falaises duquel tu peux admi­rer un superbe pano­rama, tout en dégus­tant le sand­wich à la viande séchée que tu auras sorti de ton sac. Y a pire comme spot pour luncher.

Le grand écran

La suite sera un peu plus tranquille, de hauts plateaux à une alti­tude plus ou moins constante, des sapins, des vaches, des chevaux, des singles plus ou moins tech­niques, mais pas raides, bref, un plai­sir de VTTiste. Et tu feras même wow, en arri­vant au-dessus de Bullet, face à un pano­rama incroyable sur la quasi-tota­lité de la Suisse romande. Si, si : le Lac de Neuchâ­tel à tes pieds, tout le canton de Vaud, et une bonne partie de Fribourg, les préalpes en arrière fond, puis les Alpes, les Dents-du-Midi (en Valais, et au pied desquelles je suis monté dans le train), le Lac Léman, et derrière le Mont-Blanc. Toute la carte sur écran pano­ra­mique.

Encore quelques kilo­mètres, et te voilà à Sainte-Croix. Eton­nante petite ville perdue dans la montagne, aux bâti­ments assez massifs, reflets d’une histoire horlo­gère pros­père.

Il te faut ressor­tir de la vallée, mais la montée n’est pas trop rude, et si tu daignes tour­ner la tête à gauche, tu pour­ras profi­ter du pano­rama pendant plusieurs kilo­mètres.

Jusqu’au pied des Aiguilles de Baulmes, où parmi les alpages et les vaches, tu verras appa­raître les premiers bunkers, vestiges des lignes de défense construites pendant la deuxième guerre mondiale. Tu verras même des “Toble­rone”. Pas le choco­lat, mais ces longues alignées de triangles de béton anti­char, que tu croises assez souvent en Suisse près des fron­tières.

La descente vers Vallorbe est magni­fique, à travers les alpages et les sapins, avant de remon­ter à travers la forêt, jusqu’au Lac de Joux.

C’est le moment de profi­ter de quelques kilo­mètres de “plat” le long du lac, à travers une forêt néan­moins très caillou­teuse, jusqu’à Le Sentier.

Un dernier effort pour un ultime kiff

C’est peu après que tu devras fran­chir la dernière montagne de ce périple (et j’es­père que toi tu n’au­ras pas la pluie tout le reste de l’étape), le Massif du Mont-Tendre. Une belle grim­pette qui te mène à plus de 1’300m d’al­ti­tude, où tu profites de magni­fiques alpages, plus ou moins plats, slalom­mant avec un plai­sir immsense entre les sapins et les vaches, jusqu’au point culmi­nant du voyage, le Col du Marchai­ruz, à 1’449m.

La descente commence par un single sympa, mais assez tech­nique lorsque c’est mouillé, puis de longues traverses le long de murs de pierres, ou à travers d’épaisses forêts, jusqu’à retrou­ver le goudron, près de Bassins. 

Tu n’as plus qu’à te lais­ser glis­ser jusqu’aux rives du Lac Léman. Et te voilà à Nyon, tu l’as fait, tu as traversé le Jura suisse à la force de tes mollets.

Tu veux le faire ?… tu peux le faire

N’hé­site plus. Enfourche tout vélo, pars à l’aven­ture, pédale. Tu en pren­dras plein les jambes, mais surtout plein les yeux.

Détails, conseils et recom­man­da­tions

375km / 9400m D+
Fait en 5 étapes  (propo­si­ton Suis­seMo­bile : 9 étapes)
1. Bâle – Delé­mont : 75km / +1'715m
2. Delé­mont – Saigne­lé­gier : 70.5km / + 1'619m
3. Saigne­lé­gier – Le Locle : 68.3km / +1'390m
4. Le Locle – Saint-Croix : 69km / +1'791m
5. Saint-Croix – Nyon : 92.7km / +1'899m

revê­te­ment natu­rel env. 170km / single­trail, sentiers env. 30km / asphalte env. 190km

L’iti­né­raire complet : 5 fichiers .GPX à télé­char­ger ici (bien­tôt dispo­nible)

N’hé­site devant aucune fontaine, remplis ta gourde, tu auras soif

Faisable en vélo élec­trique, mais il faut adap­ter les étapes en fonc­tion de ta batte­rie

Pas de portage, mais j’ai dû quelques fois briè­ve­ment pous­ser face à des montées (ou descentes) un peu rudes et tech­niques

Lien vers VIA3 JuraBike Suis­seMo­bile

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