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swiss.crossing - Etape 10/12

Etape 10 – Guggis­berg-Char­mey – 30.4km (total 315.8 km) / 965m D+ (8'888m, Everest battu) / 21 ponts (82) / caillou dans la chaus­sure 1 (6).

Celle où j’ai fran­chi la barrière de rösti (ou rösti­gra­ben, selon de quel côté tu es de dite barrière), et j’ai couru avec des vaches.


Pour en savoir plus sur l’aven­ture swiss.cros­sing Lake2Lake, c’est ici

Beau soleil au réveil, ça change. Et ça commence par une descente bien dure et raide sur 2 km, ça aussi ça change. Mais la pent est telle, que je n’avance vrai­ment pas plus vite que si je montais… et les genoux couinent un peu…

Évidem­ment, arrivé en fond de vallée, il faut remon­ter à peu près la même pente de l’autre côté. Au début cela se passe pas trop mal, sur une route de campagne, puis je rentre dans la forêt, et là je constate que malgré le soleil, ce sera une jour­née très boueuse.

À mi-chemin de cette ascen­sion, j’at­teins une route fores­tière, qui est plate sur un bon kilo­mètre, ce qui me permet de courir avec un peu de vitesse et de retrou­ver quelques sensa­tions.

Puis c’est reparti dans les forêts bien raides, et les alpages boueux et bouseux. Au vu de la diffi­culté, et de la lour­deur du terrain, je n’avance vrai­ment pas vite, il me faut presque une heure pour atteindre le premier sommet à Brönnti Egg (alt. 1'203m). 

Et ça redes­cend, toujours dans le même terrain, sauf un petit bout de route, sur laquelle je prends un peu de vitesse, et je passe un enclos avec un trou­peau de  vaches, qui se mettent à courir avec moi le long de la route. C’est très marrant, et il y en a même une qui descend le champ de plus haut pour rejoindre cette joyeuse troupe, et qui doit frei­ner des quatre fers dans l’herbe boueuse pour ne pas défon­cer la clôture et me tomber dessus. Magni­fique déra­page parfai­te­ment maîtri­sé… faut dire qu’elle a un 4×4.

Un peu plus bas, juste avant d’ar­ri­ver à Zoll­haus, je passe à côté d’un enclos avec des petits veaux, qui sont pris de panique par ma présence, et se mettent à courir loin, défoncent la clôture élec­trique, glissent tombent, et rentrent dans leur étable, dans un tinta­marre de petites sonailles. Je m’ap­proche de la ferme pour essayer de voir si il y a quelqu’un, et les infor­mer que l’en­clos est cassé et que les veaux sont rentrés, mais je ne trouve personne. Tant pis, je pour­suis mon chemin, appa­rem­ment les veaux ont plus envie d’être dans leur étable que s’en­fuir.

J’ar­rive à Zoll­haus, au 10e km, point de confluence de la Singine chaude et de la Singine froide, égale­ment fron­tière entre le canton de Berne et le canton de Fribourg, et limite offi­cielle du rösti­gra­ben, barrière de rösti, limite linguis­tique entre la Suisse aléma­nique et la Suisse romande.

À partir de là, je remonte le cours de la Singine chaude en direc­tion du Lac Noir (la rivière n’est pas chaude, elle doit simple­ment son nom au fait qu’elle sort d’un lac dont la tempé­ra­ture est légè­re­ment plus élevée que le lac d’où s’échappe la Singine froide dans une autre vallée voisine).

C’est un joli sentier, beau­coup moins boueux qu’a­vant et beau­coup moins raide.  Je le remonte, pendant envi­ron 6 km. C’est plutôt sympa et ça fait du bien de pouvoir avan­cer.

Arrivé au Lac Noir, je pique-nique sur un banc au soleil profi­tantdu pano­rama sur le, lac et les belles montagnes en arrière plan. .. Il me reste envi­ron 13–14 km, dans 400 mètres de déni­velé avant d’ar­ri­ver à desti­na­tion.

Comme après chaque pause, la relance est parti­cu­liè­re­ment labo­rieuse, même sur le plat du bord du lac. Au km 18 ça commence à monter, et bien raide. C’est une route de montagne gravillon­née, donc je ne peux pas mettre mon rythme très lent sur le dos du terrain, qui pour une fois est tout à fait  courable. Je n’avance pas vite sur cette première moitié de la montée.

Lorsque j’ar­rive dans l’al­page, ça monte un peu moins, et j’avance dans une magni­fique vallée assez étroite, entre alpage et sapins. 

Il y a moins de 3 km de montée, pour atteindre le petit col de La Balisa, mais plus de 400 m de déni­velé. J’at­teins ainsi le point culmi­nant de la jour­née.

Il ne me reste plus qu’à descendre en direc­tion de Char­mey, par le val du même nom. La route de montagne laisse rapi­de­ment place petit sentier extrê­me­ment boueux dès que je me retrouve dans la forêt. Il y a même plusieurs torrent à fran­chir à pied (ça rince un peu les godasse), et lorsqu’il s’agit de traver­ser des alpages, avec des trou­peaux de vaches au milieu du chemin, ce n’est pas moins boueux, et là on sait que lorsqu’on met les pieds dans les trous et toute cette tchaffe, ce n’est pas que dans de l’eau.

Sur l’al­page de Pré de l’Es­sert, une petite chapelle trône sur une butte, et donne une joli point de vue sur le val-de-char­mey à droite et sur un autre vallon sur la gauche.

Au fil de la descente, j’aperçois furti­ve­ment, sur l’autre rive de la vallée, l’ab­baye de la Valsainte.

Je conti­nue sur des sentiers fraî­che­ment fauchés, jusqu’au petit village de Char­mey, et je installe dans un gîte appelé La Grange, magni­fique­ment réno­vée et déco­rée. J’ose à peine aller prendre une douche, et que dire de laver mes chaus­settes et le reste. J’ai laissé mes chaus­sures à l’en­trée je crois que je vais aller les mettre dehors avant qu’elles n’em­pestent toute la maison­née.

Loge­ment : La Grange, Char­mey 

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