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Faudra bien bosser, non?

Cher Barack,
Tu permets que je mette de côté le proto­cole, et que je t’ap­pelle Barack, vu la claire rétro­gra­da­tion de statut récem­ment inter­ve­nue. Et ça je peux te dire que dans un CV, ça la fout mal… Mais on sera indul­gents.

Rétro­gradé certes, mais encore jeune. Donc il faudra bien te trou­ver un nouveau job
C’est pourquoi je m’adresse à toi aujourd’­hui : pour éviter que tu ne sombres dans l’oi­si­veté télé­vi­suelle et l’obé­sité natio­nale.
Tu as encore la forme, et je t’ai souvent vu courir, en parti­cu­lier pour monter les passe­relles de ton avion, ou même avec ton vice dans les allées de la Maison Blanche. J’ai vu aussi que ta Première femme courait aussi (d’ailleurs faut lui dire que c’est plus facile sans sac à patate), et qu’elle tenait beau­coup à sa ligne, comme à celle de vos fellow ameri­cans…
Tu as aussi acquis l’expé­rience des voyages dans ton ancien boulot, mais je sais que tu étais très occupé et que tu n’as jamais pris le temps de visi­ter
Ce qui est fort domma­ge…
Alors j’ai la solu­tion idéale pour toi (et pour ta Première femme aussi), solu­tion qui vous permet­tra de garder la forme, et de décou­vrir enfin le vaste monde, et non plus les seuls salons dorés de l’Ely­sée (qui signi­fie lieu des Enfers où les gens vertueux goûtent au repos après leur mort, au cas où tu l’igno­rais) ou du Krem­lin (qui signi­fie Forte­resse, au cas où tu l’igno­rais), déno­mi­na­tion qui en elles-mêmes expliquent certaines choses… 
Bref, je vous propose LE super-job : vous allez pouvoir deve­nir offi­ciel­le­ment ambas­sa­deurs urbi­run, et tester nos parcours à travers le monde
Oh joie oh allé­gresse sur ton visage (je sais la pers­pec­tive du chômage n’était pas réjouis­sante) (et passe ton mouchoir à Michelle, tu vois pas qu’une larme de bonheur roule sur sa joue déli­cate ?)
Et en quoi ça consiste ce super-job, pers­pi­caces-tu, parce que là c’est flou pour toi.
Eh bien ambas­sa­deur urbi­run c’est très simple :
1. Tu choi­sis parmi les plus belles villes du monde, genre : Rome, Paris, Amster­dam, Londres, Prague, Florence, Lisbonne, Vienne, New York, et plein d’autres… 
2. Tu y vas comme tu peux, (je sais bien que tu n’as plus d’avion, mais débrouille-toi)
3. Tu télé­charges le parcours urbi­run, et 
4. Tu cours, en te lais­sant guider, pour profi­ter des merveilles de cette ville
5. Tu me fais un petit feed­back par mail, tu mets un article sur ton blog, tu postes 2–3 photos sur ton insta­gram, et une vidéo sur face­book, puis tu vas te manger un bon petit plat de pates.
Et combien c’est payé ? pers­pi­caces-tu enco­re…
Vu que c’est encore plus génial que Président des UnitedS­tétz, ce n’est pas payé, mais avan­tage à consi­dé­rer : tu pour­rais deve­nir célèbre. Certes je suis conscient que tu dois manger un peu, et payer les études de tes filles dans les plus grandes univer­si­tés du pays. C’est pourquoi tu pour­ras, une fois par mois, aller faire une confé­rence rému­né­rée pour racon­ter comment tu as flin­gué Oussama, à Dubaï, Zurich, Londres, Rio ou Monthey, avec pour seule condi­tion de porter le t-shirt urbi­run. L’in­té­gra­lité du cachet est pour toi… C’est pas génial ? Ah et puis avec urbi­run, pas de frais de roaming, donc no soucy, pas de charges impré­vues.
Alors ? Deal ?… 
Je vous engage tous les 2 à l’es­sai (ben oui, faut pas décon­ner quand même, puisque je ne sais pas si tu es capable de courir sans passe­relle aéro­nau­tique, ni comment est la foulée de Michelle en dehors de son sac à patates). 
Bref Barack, envoie-moi ton numéro, et je t’ap­pelle dès que j’ai un moment.
Bonne.
Vince, direc­teur RH chez urbi­run monde.
PS : si un ou deux body­guards doivent t’ac­com­pa­gner, pas de souci j’ai des t-shirts XXL.

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